Sous fortes pressions militaire et politique, l'Ukraine va négocier aux Etats-Unis
Des négociateurs ukrainiens vont discuter dimanche aux Etats-Unis du plan américain visant à trouver une issue à la guerre avec la Russie, Kiev étant sous fortes pressions militaire et politique.
Alors que l'armée russe progresse dans l'est de l'Ukraine, une attaque de drones a fait au moins un mort et 11 blessés dans la nuit de samedi à dimanche près de Kiev. Quelques heures plus tôt, Kiev avait revendiqué l'attaque de deux pétroliers en mer Noire, disant avoir frappé avec des drones navals des navires de la flotte fantôme russe.
Dans ce contexte militaire tendu et après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé son chef de cabinet, Andriï Iermak, accusé de corruption, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, recevront une délégation ukrainienne en Floride, selon un responsable américain.
Les pourparlers devraient reprendre sur la base d'amendements du plan américain négociés il y a une semaine à Genève entre Américains, Ukrainiens et Européens, a indiqué M. Zelensky.
Accusé d'être très favorable à Moscou, ce plan a été amendé et doit être finalisé avec l'approbation des belligérants et des Européens, même si Kiev craint de devoir faire d'importantes concessions.
"La partie américaine est constructive et dans les jours à venir, il sera possible de préciser les étapes à suivre pour déterminer comment mettre fin à la guerre dans la dignité", a réaffirmé samedi le président ukrainien.
Son homologue français Emmanuel Macron le recevra de nouveau lundi à Paris, trois jours après le limogeage de son bras droit extrêmement influent Andrïi Iermak, à la suite d'une vaste enquête anticorruption dans le secteur de l'énergie.
- Infrastructures énergétiques visées -
Kiev cherche donc à continuer de peser dans les discussions diplomatiques et des drones navals ont été lancés samedi contre un terminal pétrolier majeur dans le port russe de Novorossiïsk.
Ce terminal permet d'exporter le pétrole acheminé par l'un des oléoducs les plus importants au monde, qui part de champs pétrolifères du Kazakhstan au bord de la mer Caspienne et traverse la Russie vers la mer Noire. Le Caspian Pipeline Consortium, qui exploite cet oléoduc, a affirmé qu'une "attaque terroriste" de drones navals avait mis hors d'usage l'une des trois bouées d’amarrage du terminal permettant le chargement en mer des pétroliers.
Kiev n'a pas commenté cette attaque.
Elle a en revanche revendiqué samedi l'attaque de deux pétroliers en mer Noire au large de la Turquie, disant avoir frappé avec des drones navals des navires de la flotte fantôme russe utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.
Une source au sein des services de sécurité ukrainiens (SBU) a affirmé à l'AFP que ces pétroliers, le Kairos et le Virat, avaient été la cible de drones "Sea Baby" lors d'une opération conjointe entre le SBU et la marine ukrainienne.
Selon cette source, ils étaient vides au moment de l'attaque et se rendaient au port russe de Novorossiïsk pour être réalimentés en hydrocarbures.
Ces derniers mois, l'armée ukrainienne vise régulièrement des sites pétroliers et des raffineries en Russie pour tenter de perturber la rente des hydrocarbures permettant à Moscou de financer son effort de guerre.
De son côté, Moscou poursuit ses attaques nocturnes massives sur l'Ukraine.
Mykola Kalachnyk, le chef de l'administration militaire de la région de Kiev, a déploré sur Telegram qu'une "attaque de l'ennemi sur Vychhorod ait tué une personne et en ait blessé 11, dont six ont été hospitalisées", évoquant une nouvelle offensive de "drones" russes.
La nuit précédente, de vendredi à samedi, 36 missiles et 596 drones russes avaient frappé notamment la capitale de l'Ukraine, selon son armée de l'air, privant de courant au moins 600.000 usagers.
burs/ms/nr
G.Dalli--JdM